Bruno GROUGI Séléctionné sous les couleurs de la Martinique

4 mai 2016 - 21:14

Article du Magazine France-Antilles

Pour la première fois de sa carrière, Bruno Grougi portera dans quelques semaines les couleurs de la Martinique, à l'occasion du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe des nations de la Caraïbe. Mais avant ça, il a une saison à finir en Ligue 2, avec le Stade brestois.

Encore deux matches de Ligue 2 sous les couleurs brestoises pour Bruno Grougi qui ne sait pas encore si son aventure en Bretagne, débutée il y a sept ans, va se prolonger ou non. (S. Costard/sb29.bzh) Le Stade brestois s'est incliné 2-0 sur sa pelouse, vendredi, face à Evian-Thonon-Gaillard. La fin de saison est longue pour des Bretons qui ont acquis leur maintien il y a plusieurs semaines déjà et qui n'ont plus rien à craindre ou espérer dans cette fin de championnat. En fin de contrat, le capitaine du club, Bruno Grougi, laissé sur le banc de touche vendredi, n'a toujours pas signé de prolongation. Si la fin de saison est parfois pénible à vivre, le milieu de terrain martiniquais de 33 ans tient grâce à la perspective de vivre ses premiers matches avec la sélection de Martinique, dans un mois. Bruno, il reste deux matches avant la fin de saison de Ligue 2, seront-ce vos derniers sous les couleurs du Stade brestois ? Pour être honnête, il y a des chances. Parce qu'à ce moment de la saison, je n'ai pas de nouvelles, hormis des souhaits, des paroles du club qui aimerait me prolonger. Mais je n'ai pas de nouvelles concrètes. Donc oui, il y a des chances que ce soit mes derniers matches sous les couleurs brestoises. A regret ? Si par malheur ça s'arrêtait là avec le club, j'aurais forcément un regret parce le bilan serait mitigé. Parce qu'autant sur les cinq premières saisons, ça a été très bien, autant sur les deux dernières, ça a été moins bien ; je partirais sur une note négative à mes yeux. Il y aurait des regrets là-dessus. Il se prépare des changements au Stade brestois avec l'arrivée prochaine d'un nouveau président, et la rumeur de l'arrivée de Paul Le Guen au poste d'entraîneur, ne serait-ce pas logique que vous ayez avant tout un échange avec le futur coach ? Il est programmé, dans une dizaine de jours, un rendez-vous avec les futurs dirigeants du club, mais en attendant ce rendez-vous, je n'ai pas envie de me mettre trop d'espoirs en tête, au risque ensuite d'être déçu. Je me prépare au pire en me disant que les deux matches qui arrivent seront mes derniers à Brest. J'espère être content à l'issue de ce rendez-vous mais pour le moment, hormis des paroles, il n'y a rien. Et dans le milieu du foot, il vaut mieux rester sur ses gardes... Etes-vous sur le marché ? Pas franchement. Je travaille avec José Pierre-Fanfan, je lui ai demandé, pour le moment, de ne rien me dire. Je veux rester concentré sur la fin de saison avec Brest, j'ai envie de faire les meilleures prestations possibles. Jusqu'au 13 mai, date du dernier match de la saison, je ne veux rien savoir. On aura le temps de faire le point ensuite. A 33 ans, le Samaritain va vivre son premier match sous les couleurs de la Martinique. Une immense fierté pour lui, qui compte plus de 360 matches en Ligue 1 et Ligue 2. (S. Costard/sb29.bzh) Mais rien ne vous empêchera de rejoindre, pour la première fois de votre carrière, la sélection de la Martinique à la fin du mois ? C'est même ce qui me fait tenir! Depuis que je sais que je vais jouer avec la sélection, je ne pense qu'à ça, je suis à bloc! Ce sera ma première fois, il y a de l'excitation, de la fierté. J'ai cette échéance du 28 mai en tête, il faudra arriver en forme ; ça me fait tenir et m'aide à rester concentré dans cette fin de saison. Ça fait des années que vous attendez ce moment, vous aviez failli disputer la Gold Cup en 2013 avec les Matinino... C'est vrai qu'entre les refus du coach qui jugeait que ce n'était pas le bon moment, entre les refus du président, il y avait toujours une excuse. Là, pour une fois, tout est OK, tous les feux sont au vert, alors je compte bien préparer tout ça pour vivre une belle expérience. C'est quelque chose que j'attends depuis longtemps. Représenter mon île, c'est une vraie fierté. Ça va être long d'attendre jusqu'au 28 mai... Tous les joueurs qui vivent leur première sélection avec la Martinique parlent d'un moment magique, aussi fort qu'une sélection avec l'équipe de France pour ceux qui ont connu le maillot bleu... Emotionnellement, ça doit être équivalent. J'ai connu l'équipe de France chez les jeunes, ça te fait un truc parce que tu représentes la France. Là, ça va être différent. La Martinique, c'est mon île. Et pour bien faire, mon premier match, ce sera sur le sol martiniquais face à la Guadeloupe! Emotionnellement, je m'attends à vivre quelque chose de très fort! Vous n'allez pas vouloir rendre votre maillot de ce premier match avec la Martinique... (rires). Je vais le racheter! S'il le faut, je rachèterai le jeu en entier! (rires) A 33 ans, après plus de 360 matches en Ligue 1 et Ligue 2, ça doit être rare de vivre de telles émotions dans le foot ? Oui. En club, ce n'est pas pareil, ce sont des émotions différentes parce que tu côtoies tes équipiers au quotidien. Avec la sélection, tu es appelé pour un rendez-vous court, tu sais qu'il peut ne pas y avoir de lendemain, parce que tu peux être éliminé. Il y a cette pression, il faut répondre présent. Le rendez-vous est spécial, alléchant. Quand Fred Miram Marthe-Rose m'a appelé, j'ai tout de suite dit que, vacances ou pas vacances, je ferai tout pour être là, c'est tellement une fierté! On imagine facilement que vous n'allez pas vouloir vous contenter de ces deux matches face à la Guadeloupe puis la Dominique, que vous avez l'envie de vous inscrire dans la durée avec la sélection et que vous rêvez de la Gold Cup... Bien sûr! Je ne me vois pas intégrer l'équipe juste pour un tour. Mon but, ce sera de gagner le plus de matches possibles, d'être le plus ambitieux. Il y a beaucoup de monde qui veut aller en sélection, alors quand tu es appelé, tu te dois d'être le plus professionnel, le plus investi que possible... C'est donc cette perspective de découvrir la sélection qui vous fait tenir dans cette fin de saison difficile avec Brest ? Complètement. Ça fait maintenant un bon mois qu'on a acquis le maintien. Le club est en fin de cycle parce que le président, le coach, le directeur sportif vont s'en aller, et beaucoup de joueurs s'interrogent sur leur avenir. Le quotidien est un peu compliqué. En sept ans à Brest, je n'ai jamais vécu quelque chose comme ça. Alors avoir en tête cette échéance avec la sélection m'aide à tenir. Le staff de la sélection, malgré tous les refus qu'il a essuyés avec Brest pour me libérer, a continué à garder le contact et à m'appeler. C'est compliqué de dire ma joie quand, enfin, j'ai su que, cette fois, c'était bon.   Deuxième tour, mode d'emploi Dans le groupe 2 du deuxième tour des éliminatoires de la Coupe des nations de la Caraïbe, la Martinique sera opposée à la Guadeloupe et à la Dominique. La sélection de Louis Marie-Anne accueillera le voisin guadeloupéen le 1er juin au stade Pierre-Aliker avant de se déplacer à la Dominique le 7 juin. Les premiers des cinq groupes, ainsi que les quatre meilleurs deuxièmes, seront qualifiés pour le tour suivant.     Nous serons tous ses premiers supporters. Yann

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